Reykjavik

Dimanche 8 juillet 2018

Nous reprenons la route sous la pluie. Une plage immense s'étend à l'entrée du village, une impressionnante digue de rochers a été dressée pour protéger ce dernier. Hier soir en essayant d'accéder à la plage, j'ai une nouvelle fois été pris en chasse par des sternes qui m'ont obligé à rebrousser chemin.

Avant de quitter Olafsvik, nous montons jeter un oeil à l'église du village. Celle-ci est tout aussi moderne que celle de Stykkisholmur. Elle est ouverte, nous en profitons pour admirer ses jolis vitraux. Derrière elle, nous apercevons un gymnase très récent ainsi qu'un terrain de foot avec une pelouse artificielle. Les équipements publics sont très riches pour une ville de 1 000 habitants...

Nous entamons la découverte de la péninsule de Snaefellsnes dans les pires conditions, il y a du vent et il pleut, le plafond est très bas et le volcan Snaefellsjökull que nous devrions apercevoir reste désespérement dans le brouillard. 

Nous nous arrêtons quelques instants à Hellissandur. Sur les murs de quelques hangars desaffectés, des artistes ont laissé des fresques colorées, bienvenues au milieu de cette grisaille.

Nous sommes maintenant entrés dans le parc national de Snaefellsjökull qui occupe toute l'extrémité de la péninsule au pied du volcan-glacier.

Nous faisons une halte au Visitor centre, marchons jusqu'au phare de Malariff et aux aiguilles de Londrangar.

Nous sommes trempés, nous décidons de stopper là les sorties pour la journée...

Nous passons Hellnar et le port d'Arnarstapi, je ne descends de la voiture que le temps de prendre une photo. La météo est épouvantable, mais pour autant nous ne sommes pas seuls, les autobus des voyages organisés et les camping-cars enchaînent les haltes touristiques et rendent cette journée encore plus pénible.

L'étape suivante est l'église en bois de Budir. Son parking est suffisamment grand et à l'écart de la circulation, nous décidons d'y faire notre pause de midi.

Nous reprenons la route et quittons la péninsule de Snaefellsnes. Nous n'aurons rien vu du volcan, mais il est inutile de rester car le mauvais temps est maintenant installé pour plusieurs jours.

Nous arrivons à Borganes. Nous faisons quelques courses dans un supermarché et faisons le tour du port en voiture. Une photo de la statue en inox face au large et nous poursuivons notre route.

Nous arrivons enfin au camping d'Akranes. Une tempête est annoncée pour cette nuit, nous nous installons face au vent en espérant pouvoir dormir...

Nous avons fait 200km ce jour, 2 230km depuis notre arrivée en Islande.

 

Lundi 9 juillet 2018

La nuit a été acceptable. Nous quittons rapidement ce camping sans aucun charme et partons à la découverte de Reykjavik. La capitale n'est plus qu'à une cinquantaine de kilomètres moyennant 8€ de péage permettant d'emprunter le tunnel sous le fjord Hvalfjördur. En contournant le fjord, il faut compter le double de distance.

Nous laissons la voiture sur un parking, sur le port, près du musée maritime (64.152452, -21.948776). Le stationnement est gratuit, en revanche un chantier naval jouxte celui-ci et des panneaux avertissent les automobilistes sur les risques de projection de peinture... Avec la météo actuelle, aucun risque de ce côté là!

Nous décidons de déjeuner avant d'entreprendre la visite de la ville. L'offre en la matière n'étant pourtant pas démesurée, mais pour une fois, Isa et moi n'arrivons pas à nous entendre sur le choix du restaurant... Je veux un Hamburger et Isa du poisson. Comme il n'y a pas de raison que l'un se sacrifie, nous décidons donc d'aller successivement dans les deux établissements que nous avons repérés dans le GDR, tout d'abord au Hamborgarabulla Tomasar pour moi, puis au Seabaron Saegreifinn pour Isa... L'idée parait curieuse, mais au final nous sommes tous les deux ravis de notre choix.

L'estomac rempli nous rejoignons l'Harpa, le nouveau centre de conférence et de concert.

Harpa faisait partie d'un vaste programme immobilier lancé, avant la crise financière de 2008, par un consortium de banques islandaises. A la faillite de celles-ci, le projet fut abandonné et la ville songea à démolir ce qui était déjà sorti de terre, à savoir ce fameux centre de conférence qui était déjà bien avancé. Finalement, il fût choisi d'achever celui-ci, sur les fonds publics. L'Harpa a été inauguré le 4 mai 2011,  et a reçu en 2013 le prix de l'Union européenne pour l'architecture contemporaine Mies van der Rohe. Aujourd'hui, l'économie islandaise a repris des couleurs et des grues fleurissent à nouveau...

202 000 habitants, capitale de l'Islande. La ville et les communes limitrophes regroupent 60% de la population du pays

L'entrée aux espaces communs est gratuite, et nous en profitons pour visiter les différents niveaux. La façade principale orientée sur la ville est composée d'une juxtaposition de parallépipèdes en acier remplis de vitrages colorés, allant du vert-bleu au jaune, évoquant les teintes des glaciers et la forme des orgues basaltiques. Les autres façades offrent des formes, des perspectives et des angles incroyables.

Nous quittons le port pour le centre ville.

Nous traversons un parc, puis remontons la Laugavegur, une rue semi-pétonne moyennement animée. Les maisons sont petites, bardées de bois ou de tôle, colorées à outrance... Nous croisons 3 jeunes supporters péruviens en vadrouille, ils font escale en Islande et reviennent de Russie où leur pays vient d'affronter la France en coupe du monde...

Nous prenons une rue perpendiculaire et arrivons devant la Hallgrimskirkja, l'église emblématique de la capitale islandaise; très sombre, très grise, son architecture aussi évoque les orgues basaltiques.

La pluie qui nous avait un peu oublié fait son grand retour, nous pensons avoir vu l'essentiel et décidons de revenir au CC.

Nous passons en voiture près du lac et de l'hôtel de ville, puis faisons une halte, comme tous les touristes, pour photographier la sculpture "le voyageur du soleil", évoquant un bateau viking partant vers le soleil couchant...

Nous profitons de notre passage pour faire nos vidanges sur l'aire de service de la ville (64.155602, -21.873501), puis partons vers le camping référencé dans la brochure camping card, à Sandgerdi, à une soixantaine de kilomètres de Reykjavik.

Nous avons fait 140km ce jour, 2 370km depuis notre arrivée en Islande.

 

Mardi 10 juillet 2018

Nous entamons notre troisième journée de pluie et la météo ne prévoit pas d'amélioration pour les neuf jours à venir... Nous étions préparés à la pluie, mais nous nous attendions à une météo changeante, quatre saisons en une journée comme ils disent, mais là les jours se suivent, la température reste bloquée sur 11 degrés, il fait gris et il pleut... Nous partons le 19, notre séjour en Islande va se terminer ainsi, autant dire que le moral n'est pas bien bon.

Avant de quitter l'extrémité de la péninsule nous allons voir, sans réelle motivation, le port de Sandgerdi et le phare de Gardur,

Puis nous passons par Keykjanesbaer et décidons de faire quelques courses dans un Netto (même enseigne mais ils n'ont rien à voir avec les magasins français)

Je me gare sur le parking et vais dans la cellule pour prendre un sac de course. Alors que j'ouvre la porte, une vague s'abat sur moi. Toute l'eau contenue dans la marche intégrée au plancher vient de se déverser sur mes chaussures et mon pantalon et de l'eau continue de ruisseler en arrivant du bas des coffres... Je redoute une fuite, mais la cause de cette inondation m'apparaît immédiatement : je viens de prendre un peu vite un passage surélevé, qui m'a déjà valu un reproche d'Isa, et le lavabo basculant s'est levé et a ouvert dans la foulée le mitigeur. Le réservoir d'eau propre était plein, il n'y a plus qu'a écoper.

Les gaines de chauffage sont un peu mouillées mais le chauffage fonctionne, heureusement nous qui avions déjà tant de vêtements mouillés à faire sécher...


Nous séchons au maximum la cellule et partons faire nos courses. Nous reprenons de la viande sous vide, chère mais excellente. Nous partons ensuite en direction du Blue Lagoon où nous déjeunons sur le parking.

Une demi douzaine de tortue de location stationne près de nous, l'une d'elles est absolument ridicule...


Le Blue Lagoon n'a rien de naturel. C'est un complexe touristique organisé autour d'un bassin artificiel, aménagé au milieu d'un champ de lave. L'eau bleue laiteuse provient de la centrale géothermique toute proche. Il est impératif de réserver son entrée avant de venir, ce que nous n'avons pas fait, les 50€ par personne nous en ayant dissuadé.


En revanche, un sentier a été construit tout autour des bassins et de l'hôtel permettant de découvrir le site gratuitement tout en profitant de l'odeur d'oeuf pourri...
Nous reprenons la route et filons vers le lac Graenvatn, puis un peu plus loin la zone géothermique de Seltun. Cette dernière ressemble beaucoup au site d'Hverir que nous avons visité près du lac de Myvatn, il pleut toujours nous nous y attardons pas.

Ce soir, la France affronte la Belgique en demi finale de coupe du monde. Il est impératif que nous ayons une bonne réception pour suivre ce match, hors depuis deux jours ce n'est plus le cas. C'est d'autant plus bizarre que nous recevions parfaitement le réseau au fin fond des fjords de l'ouest et plus rien dans la capitale. Une fois de plus nous en sommes à nous demander si ce n'est pas notre opérateur qui nous joue des tours...

Nous faisons une halte à la petite église isolée de Strandarkirkja, juste avant d'arriver à Þorlákshöfn. La tradition locale veut que celle-ci accomplisse des miracles, rien n'y fait.

Nous passons devant les campings de T-baer et Porlakshöfn, puis arrivons à Stokkseyri, toujours pas de réseaux. Nous nous installons sur le camping de ce dernier village et réglons la taxe de séjour. L'heure du match approche, cette fois il faut se rendre à l'évidence, nous ne pourrons pas regarder la télé avec ce réseau. Il nous faut absolument trouver un bar.

Nous filons vers Selfoss la grosse ville du coin, base de départ pour le Cercle d'Or regorgeant d'hébergement pour touristes.

Nous traversons la ville, lorsque nous apercevons soudain le grand hôtel Selfoss. Nous laissons le CC et nous nous précipitons dans le bar de celui-ci. Ce dernier est bondé, mais nous pouvons suivre le match debout sur l'un des 7 écrans géants installés pour l'occasion.

Un rétro-projecteur vient d'être installé durant la mi-temps dans un salon de l'hôtel et le barman nous propose d'aller nous y asseoir. Le match reprend, nous constatons que nous avons un léger retard par rapport aux télés, lorsque tout à coup nous entendons des hurlements dans le bar... Enfin nous voyons l'action de jeu, ouf c'est la France qui vient d'ouvrir le score!

Fin du match, France 1- Belgique 0, la France est en finale. Nous nous en sommes bien sortis, dimanche il faudra impérativement trouver une autre TV.

Nous avons fait 180km ce jour, 2 550km depuis notre arrivée en Islande.

 

Mercredi 11 juillet 2018

Après le match, nous sommes revenus dormir sur le camping de Stokkseyri. Service minimum comme dans tous les campings de ces derniers jours, douche payante, un point d'eau.

Le village de Stokkseyri est joli, les maisons sont bien entretenues et fraîchement repeintes; en plus il ressemble à nos villages avec sa rue principale et son église en plein milieu.

Aujourd'hui nous partons pour le Cercle d'or, l'itinéraire touristique passant par les sites les plus visités du pays, Þingvellir, Geysir, Gullfoss et Laugarvatn.

Le parc national de Þingvellir (la plaine du parlement) est notre première étape. Ce site est classé au Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2004. C'est ici, dans un amphithéâtre naturel que c'est tenu à partir de 930, un parlement nommé l'Alping. Ce lieu est important pour les Islandais, c'est ici qu'ils décidèrent de se convertirent au christianisme en l'an 1000 et c'est encore ici que fut proclamée l'indépendance du pays le 17 juin 1944. 

Hormis l'amphithéâtre naturel, on trouve sur ce site le plus grand lac d'Islande, Þingvallavatn, et la grande faille d'Almannagja (la faille de tous les hommes), signe de la dérive des continents et ligne de fracture entre les plaques nord-américaine et eurasienne. Au risque de me répéter, le temps est épouvantable...

Nous remontons dans la voiture et roulons jusqu'à Geysir.

Malgré la météo exécrable, il y a un monde fou ; pas tellement sur le site même mais sur les parkings et dans les rayons du Geysir center. Nous renfilons nos habits de pluie trempés et partons à la découverte du fameux geyser.

Nous cheminons entre les mares de boues bouillonnantes et atteignons Strokkur, le geyser les plus actif d'Islande. De fait, il ne faut attendre que de 5 à 10 minutes entre chaque jaillissement et la préparation de celui-ci avec l'ondulation de l'eau jusqu'à la formation de la "boule bleue" réduit considérablement l'attente.

La colonne d'eau monte à une vingtaine de mètres, le vent la dispense aussitôt, nous sommes trempés mais nous l'étions déjà.

Nous reprenons le CC et rejoignons le camping de Skjöl tout proche.

Aucun campeur n'ose installer sa tente, ils sont tous réfugiés dans le restaurant du camping. Nous en faisons de même, bière et pizza devant Croatie - Angleterre. L'adversaire de la France en finale sera la Croatie.

Nous avons fait 130km ce jour, 2 680km depuis notre arrivée en Islande.

 

Jeudi 12 juillet 2018

Pluie sur la capucine toute la nuit.

Nous partons pour Gullfoss.

Un chemin et quelques passerelles mènent aux chutes. Beaucoup de touristes et de parapluies, les journées deviennent longues...

Nous terminons la boucle du Cercle d'or et retrouvons la route 1.

Nous passons Hella, puis nous nous arrêtons pour déjeuner au hameau de Keldur, un peu en retrait de la route principale. Le GDR dit que cet ensemble de bâtiments aux toits en herbe est le plus ancien d'Islande.

Plus loin, une fois passé Hvolsvöllur, nous arrivons devant les cascades de Seljalandsfoss. A deux pas de la route 1, là aussi beaucoup de monde.

Nous roulons en direction de Vik, nous arrivons à hauteur du Eyjafjallajökull, volcan célèbre pour son éruption retentissante  de l'été 2010 et pour l'énorme préjudice financier qui en découla pour les compagnies aériennes. A défaut de voir le volcan, je vois le panneau...

Nous arrivons enfin à Vik, sous une pluie battante. Nous nous installons au camping. 2